Morte je serai vue Avec les yeux du temps Qui inlassablement place Le passé devant Aussi ce jour arrivera Qui me verra m’enfuir Les bras chargés De trésors enfantins
Un arbre tordu Une porte scellée Une vue sur la mer dans un sac de cuir Une tête penchée Une avenue une corde en acier Un homme qui court Une corde portée autour de son cou Se dit à lui-même Des phrases meurtrières Redis-le pour voir Tu crois que ça me fait peur ? Jamais ! Une porte autour du cou Une avenue sous les genoux Un homme qui court vers Une vue sur la mer Un homme qui porte une National Redis-le pour voir Redis-le pour voir Jamais ! Une vue sur la mer Ça peut être n’importe quoi Un panneau publicitaire Un poisson dans un bac à glace Une frise dans la rigole
Une porte scellée une corde en acier Un homme qui s’agite Comme un arbre venté Une avenue un taxi hélé Emmène-moi vers Une vue sur la mer Aujourd’hui ou jamais Un type qui rit Jamais ! Un plan de la ville qui vole Une phrase meurtrière Redis-le pour voir Jamais ! Le fleuve je peux te le donner La mer jamais ! Une corde en cuir dans un sac d’acier Un homme qui court Sur un terre-plein central Redis-le pour voir La mer jamais personne La mer Jamais Personne
Nos lèvres l’ont su Avant nous Qui ont parcouru En une seconde Le temps complet d’un amour Et se touchant Ont scellé dans l’or et le plomb Le vent et la vague
S’il fallait revenir Quel jour choisir Pour faire mon entrée Naître encore ? Non ! Revenir comme je suis Et ne pas déranger ce que j’étais Observer seulement observer Ah je sais déjà que des larmes sont à craindre Des cris à retenir Non pas à cause de ce qui est perdu Car tout se perd oui et non À cause de moi me regardant Regarder paisiblement vers l’avenir
Ce sentiment de solitude profonde Qui nous frappe parfois Semble nous préparer À cette heure intime Dans laquelle personne Ne saurait nous suivre Et pourtant non Ce n’est pas ce qu’il fait Il tente à sa manière De nous en éloigner