seulement cette fois
la voix s'entend
la voix s'étend
se laisse saisir
laisse dans la bouche qui l'accueille
le goût de l'autre à peine vue
et toute une vie passe
avec sur la langue
l'encre de sa salive
le sel de sa peau
au devant de nous
nos ombres courent
et seulement cette fois
nos corps à l'arrière
en repos
elles font dans l'ombre des percées ciselées comme la lumière entre feuilles des arbres Il n'y a pas d'arbres autour oui des souvenirs d'arbres elles en parlent entre elles durant leurs déplacements elles disent se souvenir des veines et des artères avoir trébuché parfois sur l'une d'elles elles disent rien n'est sombre pourtant sous la terre à cause de la course elles tombent ça arrive celles restées debout tendent la main à celles-là qui gardent la main pour elles seules jusqu'à la prochaine chute de l'une ou de l'autre au jour à la nuit elles disent toujours ça arrive toujours une main elles ne rient pas de ça mais elles rient sinon comment ça tourne elles disent
Ce n’est pas de vouloir ce n’est pas ça c’est de ne pas pouvoir ne pas le vouloir cet amour-là et que cela soit pouvoir et décide de tout et combatte tout ce qui s’oppose à cette force-là et te combatte toi surtout toi accoutumée à ne pas pouvoir souvent qui restes là te nourris de patience amaigrie par cette nourriture-là qui croît dans l’air expiré de tes souffles d’impatience
ce n’est pas de vouloir ce n’est pas choisi c’est là c’est venu là et cela ne bouge plus oui cela remue mais cela ne bouge plus tu n’attends pas tu ne te souviens plus de l’attente presque plus de la faim
le fruit là juste là qui croît dans l’air expiré des souffles incontrôlés