son silence
un théâtre tout juste déserté
quelques échos
de voix et d’instruments
et puis plus rien
plus rien
son silence bat tous les éléments
il les bat comme battent des poings
jusqu’au sang
jusqu’à l’os
il les terrasse tous
ce n’est pas ce qu’il veut
mais c’est ce qu’il fait
ce qu’il veut
ce qu’il voulait
c’est n’être pas silence
ton silence le sait
qui laisse
tous les mots
d’avant son silence
à l’entrée de tes lèvres
c’est sans voix c’est sans mots c’est arrivé avant tout ce qui est arrivé avant ce qui s’est formé sous l’influence des voix des mots c’est là depuis le premier jour mais c’est comme si ça ne l’était plus ça s’est fondu dans l’informe ça lutte ça suffoque dans les scories c’est là ça l’a toujours été tu l’as toujours su tu aurais pu le voir si tes yeux t’avaient servi à voir même ils n’auraient pas vu ce qui était là depuis le début pas vu non pas encore ce qui te suit partout depuis toujours sans faiblir ce qui te sait sans dire ce qui te veut sans plaintes ce qui mourra à ta mort et ça n’est pas sûr ça ne l’est plus parce que c’est là depuis le début dans ton propre corps dans le corps de l'autre
tu les vois comme mots
ce ne sont pas des mots
ce n’est pas un poème
c’est la peau
sans arrêt modifiée par le temps
pour la poursuite de l’être
ce n’est pas un poème
c’est la peau restante
que le temps
toujours se déplaçant
ne sait pas rendre à l'identique
il y a deux déplacements
le temps va vers l’avant
l’être vers l’avant
ce n’est pas le même mot
ce n’est jamais un poème
ce ne sont jamais des mots
ce n’est toujours que la peau