
Femme aux poches pleines de planètes
Va
Jette-les toutes dans l’océan
Regarde-les couler
Percées rouges
Percées noires
Ou bien
Fais-les rouler
Dévaler la colline
Et puis regrette ton geste
Toute femme regrette
Rattrape-les
Cours au-devant d’elles
Cours plus vite que les planètes
Se faisant tu perdras ce que toute femme perd
Tout
Tu perdras tout
Aussi
Déleste-toi
Des paroles
Des tissus
Du temps
Regarde les planètes chuter
Dans les bouches d’égout
Les failles
Les fentes
Regarde-les se faire broyer
Par l’inventeur de la roue
Femme aux poches pleines de planètes
Cours pour rien
Quand tu n’auras plus rien
Cours vite
Dévale la colline et crie
Fort et sans t’arrêter
Et rit de la même manière
La nature aime la danse
Le vide
Et les sons
Femme aux poches pleines de terre
Verse-la sous la plante de tes pieds
Et regarde éclore tes premières fleurs


