I
Les armes forgées
Dans le fer de l’enfance
Frappent encore
Ici et maintenant
II
Les lèvres les yeux
Se pensent plaies parmi les plaies
Et cicatrisent illusoirement
En se scellant
III
Un jour
Un seul jour
Ce jour est une nuit
Où cela se dit
Le vieillard est un enfant
Qui ne guérit jamais
La source
S’il fallait revenir
Quel jour choisir
Pour faire mon entrée
Naître encore ? Non !
Revenir comme je suis
Et ne pas déranger ce que j’étais
Observer seulement observer
Ah je sais déjà que des larmes sont à craindre
Des cris à retenir
Non pas à cause de ce qui est perdu
Car tout se perd oui et non
À cause de moi me regardant
Regarder paisiblement vers l’avenir
Ce haut-monde

© 2019 The Estate of Francis Bacon
Mourir n’est pas la fin
Vivre n’y mène pas
Vivre est immobile
Nos corps sont figés là
Dans la révolution
Seule la pensée
À allure retenue
Va et vient
De long en large
De bas en haut
D’une nature à l’autre
Elle ne presse le pas
Qu’à l’abord des champs secs
– Ici la mort se trouve –
Dans lesquels l’idée germe
Que la Terre n’est rien
Que rien ne s’accomplit
Sur ce qui a été
Partialement nommé
Ici-bas
Rare présence
Chaque jour
Alors que nos yeux s’ouvrent
Une planète naît
Ainsi le cosmos s’emplit
Sans se multiplier
Cependant nos yeux s’ouvrent
Souvent sur la fable
Rarement sur le monde
Composition de la nuit
I
Invisible silhouette lunaire
Qui marche à côté
De son corps guetté
Par le chien et le loup
II
Involontaire trajet vers
Le jour domestique
................ L’atteindre
Est-ce vraiment le but
N’est-ce pas plutôt la fin
III
Cheminer sans raison
Repousse la folie
IV
Au crépuscule le marcheur
Nomme ses morsures
Baisers
Ses cicatrices
Lèvres





