Vitrail

Nos lèvres l’ont su
Avant nous
Qui ont parcouru
En une seconde
Le temps complet d’un amour
Et se touchant
Ont scellé dans l’or et le plomb
Le vent et la vague

La source

S’il fallait revenir
Quel jour choisir
Pour faire mon entrée
Naître encore ? Non !
Revenir comme je suis
Et ne pas déranger ce que j’étais
Observer seulement observer
Ah je sais déjà que des larmes sont à craindre
Des cris à retenir
Non pas à cause de ce qui est perdu
Car tout se perd oui et non
À cause de moi me regardant
Regarder paisiblement vers l’avenir

Paul Eluard. Seul

A la droite du ciel un arbre fleurirait
Rieur tout flambant rose et le ciel en vivrait
Moi j’en rêve perdu dans le jour ravagé
Et de longs frissons froids blanchissent mes pensées.

Le livre ouvert, 1938-1944. Editions NRF Poésie/Gallimard

Attraction de l’éphémère

Ce sentiment de solitude profonde
Qui nous frappe parfois
Semble nous préparer
À cette heure intime
Dans laquelle personne
Ne saurait nous suivre
Et pourtant non
Ce n’est pas ce qu’il fait
Il tente à sa manière
De nous en éloigner

Maya Angelou. Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage

A Stamps, la ségrégation était si totale que la plupart des enfants noirs ne savaient pas, en vérité, à quoi ressemblaient exactement les Blancs. Excepté qu’ils étaient différents, et qu’il fallait avoir peur d’eux, et cette peur traduisait aussi l’hostilité des faibles contre les puissants, des pauvres contre les riches, des travailleurs contre les patrons et des mal habillés contre les bien vêtus.

Veiller le feu

Vois comme ton âme a tourné
Me disent mes étreintes
Trop souvent retenues
Qui se présentent à moi
Dépouillées
De leur troisième lettre

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