
Déforestation

Avant de prendre le large
– Et chacun sait
Que cela ne se peut pas –
Ils s’arrachent racines
Feuillages
Ne gardent que tronc branches
Cœur gravé sur l’écorce
Ou maison ou visage
Eliminent toute trace de Terre
En faisant de grands mouvements tristes
Chaque poussière caillou regrettés
Les lettres de leurs noms démembrés
Ondulant dans l’océan
Finissent dans la gueule des poissons
Qui se mettent à prier
Dans des langues étranges
Pour ne pas être pris
Mais ils sont pris
Et jetés sur la Terre
Et décapités
Et éventrés
Finissent dans la gueule
Des hommes/dieux
Qui jouent avec leurs yeux cuits
Comme avec des perles
Et recrachent arêtes et lettres
Pour ne rien garder
En travers de la gorge
Et parce qu’ils se plaisent
À être muets
Henry David Thoreau. Marcher

Je voudrais me faire l’avocat de la Nature, de la vie absolue et de la vie sauvage qu’on y trouve, par contraste avec la liberté et la culture simplement policées. Je souhaite considérer l’homme comme un habitant ou une partie intégrante de la nature plutôt que comme un membre de la société. Je désire faire une déclaration extrême, fût-elle exagérée, car il y a suffisamment de champions de la civilisation : le pasteur, le conseil scolaire et chacun d’entre vous s’en chargent fort bien.






