bien sûr ceux qui n'ont pas d'héritage partent les premiers ceux qui n'ont pas de dieu le père pas de dieu la mère pas de terre ceux qui n'ont pas volé qui aiment à perte
ceux qui contemplent l'océan de l'océan qui cherchent en vain la consolation
bien sûr ceux qui ne s'habituent pas partent les premiers
Je me souviens de cette fois où je me suis vue assise là juste à côté de mes regrets on les aurait dit en chair et en os j’ai dit Ah mes yeux je pourrais vous crever mais mes yeux étaient tournés vers la mer alors je me suis demandée Qui me montre mes regrets
je me souviens d’une autre fois j’avais posé ma main sur ton sein et je volais des phrases à la chambre avant de m’endormir le chat noir sur le papier bleu... quand je n’ai plus senti le poids de ton sein il n’y avait que ma main comme posée sur rien comme si le précieux n’avait pu rester là ou pas comme ça
je ne sais pas pourquoi j’ai pensé à de l’encre noire
Simplement s’asseoir au bord de la rivière apercevoir une feuille qui dérive lentement se dire qu’elle est comme un jour parfait qui aurait chuté de l’arbre pour ne pas s’arrêter
« … Mais la terre, c’est une bataille jour pour jour, une bataille sans repos : défricher, planter, sarcler, arroser, jusqu’à la récolte, et alors tu vois ton champ mûr couché devant toi le matin, sous la rosée, et tu dis : moi untel, gouverneur de la rosée, et l’orgueil entre dans ton cœur… »