Puis j’entendrai derrière moi Le fracas d’un arbre qui se déracine La terre tremblant sous mes pieds Puis plus rien Je piquerai le bout de mon doigt À la pointe étrécie du chemin Pour empourprer l’azur Avec une goutte de sang Hélas vite diluée Dans le gris majoritaire Je serai une enfant Mais Le souvenir d’un corps las Freinera mes élans Un autre arbre se déracinera Et un autre encore Sans raison apparente L’idée qu’ils se suicident Me traversera l’esprit Après tout pourquoi pas Puis quelques pas plus loin Je serai une vieille femme Mais le souvenir d’un corps ardent Freinera ma prudence Plus rien n’aura d’aspect À cause de la nuit noire Je distinguerai les espèces Au bruissement De leurs ramées De nouveaux arbres chuteront Parmi lesquels mon frêne Puis atteignant la pointe du chemin Je peinerai à me tenir debout Dans le triangle étroit de la perspective N’y parvenant pas Je m’allongerai Puis enfin délivrée De mes pensées nocives Qui auront empruntées Une voie différente Je m’endormirai En serrant dans ma main Quelques langues d’oiseau Ramassées près du frêne
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