Soliloquie

Mon corps mourait trop lentement
Pour que je puisse y croire
Mais il mourait comme tout ce qui vit
À part qu'alors je me trouvais hors de lui
Le savais jeune
Peut-être beau
Mais rien qui vienne l'affirmer
Aucune main qui s'y attardait
L'écrivait ou le peignait
Aucune bouche pour le lui dire
Ou dire le contraire
Je le poussais en avant
Toi d'abord !
Ce corps de femme
Désigné par le masculin
Toi tu sais où tu vas
Je lui murmurais
Moi non
Le vagin
Les seins
Le ventre
Moi je n'ai qu'une tête
Une pauvre tête
Et des jambes
Et des mains
Et une bouche


C'était une étrange chose d'aimer
Avec ce corps juste à côté
Qui mourait si lentement
Que plus tard je le croirais immobile
Immobilisé
Une étrange chose
De ne pas être dans ce corps
Au moment de mon désir
Et de voir dans l'air
L'exacte distance
Qui me séparait de lui
De moi
Je dirais aujourd'hui

14 commentaires sur “Soliloquie

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  1. J’interprète ton texte comme une sortie de corps, cette femme est à côté de son enveloppe charnelle et elle le regarde! Je trouve ton texte très beau cependant. Je me trompe complètement ça se trouve mais c’est mon ressenti. Bonne soirée Gabrielle ツ

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