peut-être il y aura
un jour neuf
devant ce jour
mais est-ce bien devant qu’il faut le chercher
pas plutôt à côté
où l’on se presse tous
peut-être il n’y aura rien
que des êtres défaits
qui progresseront vers la place centrale
bien sûr sans jamais la trouver
en agitant la tête d’avant en arrière
comme rideaux de fenêtres soufflées
qui s’agitent en tous sens
et dehors et dedans
où aller
où aller
comme chevelure des corps
dégagés à bras d’hommes
des rues recommerçantes
ils expulseront par la bouche édentée des façades
des rires forts bien trop forts
comme ceux des putains aux blagues de la clientèle
peut-être il n’y aura rien
qu’un jour comme un autre
que l’on visitera avec un passe coupe-file
en y allant de nos larmes devant
la sainte phrase
‘N’oublie pas’
déclinée dans la langue des tueurs pardonnés
et celle des tués
peut-être un enfant de la guerre
à la peau fine comme une peau de chien
à qui l’on dictera les préceptes
d’une paix toute fraîche
copiera sans y voir de faute
il faut tirer sur les leçons de l’histoirePhotoSibylle Bergemann, Mur de Berlin, 1990.
La poésie a la vie dure, même si on l’annonce régulièrement à l’article de la mort. C’est que pour ceux qu’exaspère l’ordre meurtrier du monde, la poésie est affaire d’engagement existentiel. Elle garde trace des expériences vécues et des risques pris. Elle dit le réel, mais en le révélant plus vaste, et d’une prodigieuse intensité.
Fût-il du pipi de chien, ce poème est fort…
Elle est résistance, Gabrielle, et il faut la penser comme un exercice scolaire pour ne pas le comprendre…Elle va à rebours de tout message informatif…( désinformatif)
Merci pour ce poème fort.
J’ai vu sourire la Gare de l’Est un matin à l’arrivée d’un train de retour de camps de la mort…La poésie n’avait pu laissé l’horreur des images prendre toute la place…
Le mot « guerre » que l’on n’employait plus guère… comme une grenade dégoupillée au sein d’une phrase, la poésie peut voler en éclats – mais pas de fer… 🙂
Un texte fort. Son titre n’est pas mérité, loin de là.
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Cela pour ne pas dire mauvais monde. Ou pour dire que ce monde a la poésie qu’il mérite.
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La poésie a la vie dure, même si on l’annonce régulièrement à l’article de la mort. C’est que pour ceux qu’exaspère l’ordre meurtrier du monde, la poésie est affaire d’engagement existentiel. Elle garde trace des expériences vécues et des risques pris. Elle dit le réel, mais en le révélant plus vaste, et d’une prodigieuse intensité.
Fût-il du pipi de chien, ce poème est fort…
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Merci Barbara. Vous savez toujours mieux dire que je ne le sais.
Ce que je crois : la poésie a de longs jours de résistance devant elle.
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Elle est résistance, Gabrielle, et il faut la penser comme un exercice scolaire pour ne pas le comprendre…Elle va à rebours de tout message informatif…( désinformatif)
Merci pour ce poème fort.
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J’ai vu sourire la Gare de l’Est un matin à l’arrivée d’un train de retour de camps de la mort…La poésie n’avait pu laissé l’horreur des images prendre toute la place…
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C’est là son pouvoir. Bien modeste pouvoir, mais il sert à poursuivre.
(Vos mots ont tordu mon coeur.)
Bonne journée, cher Alain.
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Touché chère Gabrielle, ces matins qui ébranlent bétonnent les jambes. Merci…
Bonne journée Gabrielle.
Alain
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Le mot « guerre » que l’on n’employait plus guère… comme une grenade dégoupillée au sein d’une phrase, la poésie peut voler en éclats – mais pas de fer… 🙂
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