ce n’est pas nous qui allons vite c’est quelque chose qui vient vers nous à toute blinde pourtant rien ne vient jamais vers nous c’est plutôt nous qui allons vers
c’est effrayant de ne plus aller vers à notre rythme
c’est effrayant ces jours qui se comptent comme des secondes d’une seconde à l’autre les ruines d’une seconde à l’autre les bibliothèques brûlées et avec les cendres de mots d’une seconde à l’autre les ordres les pensées difformes
c’est effrayant la vitesse plus le temps d’oublier
nos yeux sont impuissants à trouver ce lieu où nul où rien ne bouge impuissants à rejoindre ceux qui l’ont atteint ceux-là partis sans leurs yeux (qu’on cherche du regard parmi tout ce qui bouge)
nous venions du large puis marchions sur le rivage puis dans le désert
nos pas laissaient des traces sur la pierre j’aimais penser des traces d’intempéries séculaires j’aimais penser les oliviers s’inclinent sous notre souffle mais regrettais cette pensée nous étions regardées autant que nous regardions nous étions respirées autant que nous respirions
on ne pouvait craindre un désert qui va jusqu’à la mer on pouvait craindre que nos jambes ne nous y portent pas mais nos jambes comptaient aller beaucoup plus loin durant notre sommeil elles s’emmêlaient je ne savais plus qui des tiennes ou des miennes décidaient du prochain voyage
l’onde de l’Ostriconi n’était pas encore mienne pas encore à pouvoir se donner à vouloir me prendre
non ma patience n’était pas patience la nage en eaux sages pouvait attendre que l’amour se bâtisse tout ce bois flotté répandu sur la grève plus qu’il n’en fallait pour les murs et le feu
tu la vois tu l’entends proche elle n’est pas effrayante si tu te souviens de ce qui t’a effrayée tu dis J’essaie encore c’est à elle que tu t’adresses proche elle te ressemble un peu tu le constates elle te demande Il t’a fallu combien de toi tu ne sais plus tu as cessé de compter tu répètes dans un murmure J'essaie encore