
on ne tombe pas
on s’allonge lentement
l’herbe ne se couche pas
sous notre poids
les insectes nous frôlent sans nous savoir
ils se taisent et c’est tout
à cause de l’obscurité
parce que l’obscurité
on est arrivées jusque-là
et on peuple la rive acquise
de rêves de toutes sortes
de poèmes de jeunesse
sont-ils demeurés beaux
le long du Styx des promeneurs
l’ont-ils jamais été
— nos yeux s’attardent
sur ce qui ne peut
devenir ruine —
Illustration du texte : ©Julia López, "Mirando la luna", 1999, technique mixte, 50,3 x 70,5 cm. ©Collection Juliana G.Z. López.








