De ma mélancolie je ne déplore rien
Elle engendre le poème
Du poème je déplore tout
Il parle aux seuls poètes
Ce haut-monde

© 2019 The Estate of Francis Bacon
Mourir n’est pas la fin
Vivre n’y mène pas
Vivre est immobile
Nos corps sont figés là
Dans la révolution
Seule la pensée
À allure retenue
Va et vient
De long en large
De bas en haut
D’une nature à l’autre
Elle ne presse le pas
Qu’à l’abord des champs secs
– Ici la mort se trouve –
Dans lesquels l’idée germe
Que la Terre n’est rien
Que rien ne s’accomplit
Sur ce qui a été
Partialement nommé
Ici-bas
Fiodor Dostoïevki. L’idiot

Une chose seulement est vraie: je n’aime vraiment pas la compagnie des adultes, des grandes personnes, je l’ai remarqué depuis longtemps; je ne l’aime pas parce que je ne sais pas être avec eux.
Rare présence
Chaque jour
Alors que nos yeux s’ouvrent
Une planète naît
Ainsi le cosmos s’emplit
Sans se multiplier
Cependant nos yeux s’ouvrent
Souvent sur la fable
Rarement sur le monde
Composition de la nuit
I
Invisible silhouette lunaire
Qui marche à côté
De son corps guetté
Par le chien et le loup
II
Involontaire trajet vers
Le jour domestique
................ L’atteindre
Est-ce vraiment le but
N’est-ce pas plutôt la fin
III
Cheminer sans raison
Repousse la folie
IV
Au crépuscule le marcheur
Nomme ses morsures
Baisers
Ses cicatrices
Lèvres
Georges Perec. Les choses

Dans le monde qui était le leur, il était presque de règle de désirer toujours plus qu’on ne peut acquérir.
Composition de la lumière
I
Lors d’une heure comparable
À une heure évoquée
L’obscurité enferme
L’être dans son propre corps
II
Sur cette route pâle
Où le rêveur piétine
Le levant s’accroche
Aux semelles astrales
Pour ne pas incendier
Le jour de son seul feu
Et priver la prairie
Du cosmos tout entier




