
c’est ainsi que sont toutes les choses que tu vois telles la maison dans l’eau sauf celles qui te donnent envie de mourir toutes ces choses qui figent leurs doigts de fer dans les peaux de verre dans ce temps-là que tu vis de travers tu n’as pas peur tu as eu froid cachant les morceaux de ton corps qui te sont restés après la curée tu n’as pas peur tu as eu froid tu veux être vue autrement que tu vois entendre ce que tu ignores tu veux la maison dans l’eau pour maison que les choses ainsi soient dites que les choses glissent comme un corps qui lentement vieillit dormir dans un lac de sang chaud ta main dans une main sûre rimée pour le reste du temps et des mots une main qui glisse comme tu glisses là cesseraient tous tes gestes qui ne sont pas tes gestes là te reviendraient en mémoire tes premiers coups de poings tes premiers coups de tête contre la maison érigée pour que la maison se déplace jusqu’au fleuve la saline de l’aimée jaillissant par les portes et les fenêtres comme poésie jaillissant de ta bouche Illustration du texte : ©Jean-luc Courcoult "la maison dans la Loire" Photo ©Gabrielle Segal.







