

si ce n’était pas ça si ce n’était pas le temps qui passe si ça ne l’était plus à cause de nous qui nous croyons de passage piétinant cette destination avant d’en rejoindre d’autres toutes que l’on nomme destinées mais c’est faux n’est-ce pas il n’y a que ce temps-là ce lieu-là fixes et rien d’autre ni la mouvance du début ni celle de la fin ne sont signes de voyages entre les deux un éveil tardif vite le corps qui se campe par automatisme en position statique de défense presque toute la surface du corps presque toute la surface de la tête si ça n’était pas le temps qui usait s’il ne l’avait jamais fait si ce qui nous restait de mouvements nous apportaient seulement la preuve désarmante qu’il est presque impossible d’être la preuve que nous usons nos vies à ne vouloir que vivre un temps donné Photographies issues de l'ouvrage Parce que…, ©Sophie Calle ©Editions Xavier Barral, 2018.








